Le Tone @La flèche d’Or-Paris

Namaste ! Lalubi vous propose un voyage en Inde aujourd’hui. Allez simple de Paris à Delhi. Oubliez les 8h30 de vol et le décalage horaire… Le Tone, grâce à son 3ème album justement appelé “En Inde” nous embarque avec lui. Et pour que le dépaysement soit total, rendez-vous ce soir à La flèche d’Or à Paris pour un live en musique et en images. Une sorte de voyage immobile…

Pensez à lancer la lecture des morceaux pendant votre voyage…

Lalubi : Pour ressituer le contexte de création de ton 3ème album « En Inde », tu as été lauréat d’une résidence artistique au consulat de France là-bas et tu as pu t’y rendre pendant 1 mois il me semble… Peux-tu nous en dire un peu plus ?
Le Tone : En 2004, j’avais fait une petite tournée de DJ en Inde pour promouvoir une compilation orientée « french touch », et j’avais flashé pour le pays, et la chanteuse de mon disque « smriti minocha ». Naturellement j’ai fait une demande de résidence, qui a été acceptée. Le terme de lauréat, c’est plus pour la frime (ah ah ah).

Tu es resté 1 mois là-bas, ça ne fait pas un peu court pour créer un album, comment est-ce que tu t’y es pris ?
J’avais enregistré des bases de travail en France, sur une 10aine de titres, batterie + guitare.Sur place j’ai écrit les mélodies de voix pour le chant, et certaines paroles. Je me suis ensuite laissé porté par ma collaboration avec les musiciens, en partant plus d’une discussion issue de leur impro. Après j’ai pas mal travaillé la production, et les ajouts en France. En j’ai bien pris mon temps car je suis lent.

Quelle était ta volonté première avec ce « carnet de voyage musical et animé » ?
Le côté carnet dessiné est venu après, en France. En discutant avec Pierre Nouvel (réalisateur du clip « lake of Udaipur »), on a décidé de créer des images pour le Live, avec mes dessins, et finalement le concept s’est imposé de lui-même.

Tu t’es entouré de musiciens spécialisés, as-tu essayé les instruments traditionnels indiens genre tablas, Sitar, etc. ou est-ce que tu es principalement intéressé par la création avec des « machines ».
Je ne sais même pas jouer du piano, n’y d’aucun instrument. Ce qui m’intéresse c’est plus de créer avec les machines un univers qui m’est propre, qui ne pourrait exister qu’avec ma façon d’appréhender les machines.

Meeta Pandit est une star de la chanson en Inde. Comment s’est faite votre collaboration ?
Je l’ai rencontrée, je lui ai proposé et elle a dit oui. C’est d’une extrême simplicité les rapports avec les musiciens en Inde, le projet est plus important que les « égos ». Ca vient après, quand on parle contrat, car ils ne dorment pas sur la caillasse…

J’ai lu que l’enregistrement s’était fait en une journée alors que tu avais prévu 5 journées de studio….
Oui. C’est fou ! Je ne m’attendais pas un tel niveau de justesse. Il n’y a eu aucune reprise, n’y retouche. Tout était fluide. Je me demande encore si je n’ai pas rêvé ce voyage !!!

Gayatri, le 11ème titre de ton CD est considéré comme un mantra très important. Il est dit que ce mantra purifie l’auditeur comme le chanteur. La spiritualité est très importante au quotidien en Inde, ça te paraissait indispensable de faire figurer un morceau comme cela sur ton album ?
C’est plus par goût musical que j’ai choisi de faire cette reprise. Je l’avais rapportée de mon voyage en 2004. Et j’aimais bien l’écouter en France. Ce qui a le plus surprit les Indiens, en fait, c’est d’avoir fait des harmonies de voix sur le titre. Pour eux c’est complètement inédit !!! J’aime bien mon absence totale de culture qui m’a permis de foncer naturellement dans une telle reprise, je suis très content de ce morceau !

Pour tes morceaux, tu ne t’es apparemment pas inspiré de la construction des morceaux indiens ce qui a dérouté les musiciens avec qui tu as travaillé en Inde. C’était important pour toi de garder ton style et ton approche par rapport à l’existant ?
Je n’avais pas dans l’idée de faire un disque indien, ni world. Je veux juste faire ma musique, ailleurs, avec d’autres sons. Les structures et les mélodies ressemblent toujours à mon style, mais je pense que le fait d’avoir plus collaboré qu’à l’habitude, apporte plus d’émotion dans mes chansons. C’est une bonne chose, car je pense être un solitaire qui aime le travail d’équipe.

Ton album est sorti en avril dernier mais ce voyage remonte à 3 ans. Quelle relation entretiens-tu avec ce voyage en Inde et tes morceaux maintenant ?
Je vis avec ce disque comme si je l’avais fini hier. Je n’ai jamais laissé tomber l’ambition de le sortir et de le rendre accessible au public ! C’était hors de question d’abandonner, et de le laisser en chemin, cela n’aurait pas été fairplay avec tous les musiciens du disque et les gens qui m’ont aidé en Inde. De plus les retours étaient très positifs, un peu partout autour de moi !

Est-ce que tu as envoyé le résultat final à tes collaborateurs indiens, as-tu eu des échos ?
Ils sont contents, j’attend le retour de quelques uns encore.

J’ai vu une vidéo d’un live et d’un morceau que l’on ne retrouve pas sur ton album : Babooshka… Cette nouvelle version est bien sympa pourtant. Comment ça se fait qu’on ne l’a pas sur l’album ?
Kate Bush voulait la chanter, et je lui ai dit que je préférais ma copine indienne, alors elle a fait une crise de nerf, et a interdit l’utilisation du titre. Je crois qu’elle voulait refaire sa vie avec moi ! Ahahahaha…

Concernant ton autre talent d’illustrateur… Tu nous fais également voyager en images grâce à tes croquis, le clip, les vidéos projetées lors de tes concerts, etc. L’image occupe une place importante dans ta musique et tes concerts, ça te parait indissociable ?
C’est la première fois. Avant je ne montrais pas trop mes dessins. Mais l’occasion fait le larron. On verra pour le prochain disque, à mon avis je ferais tout en poterie, même pendant les concerts.

Pour tes dessins, tu es plus « croquis réalisés sur le vif » ou dessins d’après photo ?
Je ne suis pas assez bon pour dessiner sans modèle, ou c’est plus « comique » disons…

Travailles-tu uniquement en noir et blanc ?
Pour l’instant je trouve ça pas mal, il y a trop de couleurs en Inde ça fait mal au crâne.

Qu’est-ce qui t’a amené à participer au projet le M.U.R le 5 avril dernier ?
La rencontre avec les gens de l’association a été agréable, et comme on dit, ça s’est fait tout seul.

Quels sont tes projets maintenant ?
Plein de trucs, je fais un disque avec le son des objets de deux designeuses d’objets, les Tsé Tsé pour leur rétrospective chez Galerie Sentou le 3 juin, je prépare un disque de chanson en Français, et un nouveau voyage à l’étranger. Plus des groupes que je vais produire, etc… que des trucs chanmé.

Top 5 :
Le morceau que tu préfères de ton album et pourquoi : You lie. J’aime c’est petits sons de synthé qui rejouent des parties de Tablas

Le souvenir que tu gardes de ton voyage en Inde et que tu aimes te remémorer : ma première cuite en arrivant. Chaleur + Whisky bizarre = dodo
Ton plat préféré indien : la cuisine Bengali dans sa totalité, impossible à trouver en France. Et tous les desserts bien gras.
Ton artiste préféré indien : Smriti Minocha
Ton instrument/outil préféré : mon ordi.

Plus d’infos sur Le Tone : http://www.letone.fr et sa page Myspace 

Album : “En Inde”  Cantos Frochot Music

Quand : Mardi 20 mai 2008 à partir de 20h et jusque 2h

Où :La flèche d’Or
102 bis rue de Bagnolet
75020 Paris
Métro : Porte de Bagnolet

 Merci à Le Tone et Aktarus Productions

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