Amandine Urruty@L’Art de Rien-Paris

En ouvrant il y a quelques temps une enveloppe Wombat remplie de flyers, j’ai mis la main sur un flyer pour une exposition collective d’artistes toulousains à la Galerie L’art de Rien et un poster de la programmation pour le Nouveau Casino illustré par la même artiste… 2 illustrations identiques ont suffit à aiguiser ma curiosité. J’ai alors mené ma petite enquête pour découvrir qui était Amandine Urruty.
Son trait est précis, appliqué. Ses créatures toutes rondes sont à la fois bizarres et attendrissantes : grands yeux qui feraient pleurer un tas de cailloux, mi-animaux mi-barbapapa mi-saucisse, poils, bestioles mixant saucisses et trucs bizarroïdes. A 25 ans, cette toulousaine impose son style faussement naïf grâce à des flyers, affiches, sérigraphies et créations en tout genre présentées dans diverses expositions.
Après une expo personnelle à Toulouse qui s’est tenue jusqu’au 12 avril, c’est à la Galerie L’art de Rien, à l’occasion de l’expo collective d’artistes toulousains “L’école de Toulouse”, que l’on pourra découvrir sa patte jusqu’au 5 mai prochain.
Lalubi vous propose une interview express réalisée par mail. Bienvenue dans l’univers gentiment déjanté d’Amandine…
Lalubi : Peux-tu te présenter en quelques lignes?
Amandine Urruty : Je m’appelle Amandine Urruty, j’ai 25 ans, je vis et travaille à Toulouse. J’aime les poils, les chiens, les poneys et la plupart des gens. J’ai fait quelques années d’études d’arts plastiques, avant de m’abandonner finalement à la vie de zazou.

Flyer Nouveau Casino-avril 2008
Où trouves-tu ton inspiration pour tes illustrations ?
Essentiellement en regardant la télévision, mais aussi dans la presse à grand tirage, dans le Nouveau Détective plus précisément. J’aime le néo-classicisme davidien et 30 millions d’amis, Ulysse Aldrovandi, Mrzyk et Moriceau, Ll cool Jo et Thomas Bernard, Jérôme Bosch et les romans photos érotiques, les couvertures d’Elvifrance et les gravures pompeuses.


Flyers Nouveau Casino-février 2008 et mars 2008
Quelle technique utilises-tu ?
Il s’agit au départ d’un travail de dessin tout ce qu’il y a de plus académique, en noir et blanc, ces derniers temps agrémenté de quelques teintes sépia, le tout réalisé à l’aide de stylos, feutres et crayons.
Les images sont ensuite colorisées à l’ordinateur.
J’ai lu que tu avais rencontré Philippe Katerine grâce à ton ancien groupe de musique momotte et de fil en aiguille, tu as été amenée à lui peindre le corps à plusieurs reprises. Tu as bien dû t’amuser non ?

Effectivement, c’est un support remarquable quoiqu’un peu accidenté par endroit. Ce furent de très bons moments, bien qu’un peu trop éthyliques parfois. J’avoue que ma petite intervention impromptue à la Star Academy (voir la vidéo) m’a permis de me faire mousser quelques temps, essentiellement auprès de mes parents.
Et tu as aussi un projet de BD avec lui, où ça en est ?
J’y travaille ! C’est un sacré boulot, mais j’apprends peu à peu à me désinhiber par rapport à l’objet-livre. Si tout va bien, ce bouquin devra sortir chez les Requins Marteaux, admirable maison d’édition. Je me dois au passage de les remercier, leur manifestation d’intérêt vis-à-vis de mon travail m’ayant amenée à m’investir nettement plus dans le dessin, depuis près d’un an maintenant.
Tu crées des personnages avec parfois plusieurs paires de seins mais sans nez… Les nénés oui, les nez non?
C’est un bon slogan, on remonte le M.L.F. ?
Plus sérieusement, je dois avouer que l’on m’a posé cette question quelques dizaines de fois sans que j’arrive jamais à y trouver une réponse satisfaisante. Je tente donc aujourd’hui de trouver une sorte de compromis en compensant l’absence de nez et de bouches par l’apparition de museaux et de groins. Pour tout dire, je crois qu’au départ j’avais conçu mes personnages comme des poupées de doigts. D’où l’absence de bouche certainement.
Mais ce point semble être l’un des plus intrigants pour pas mal de gens : dernièrement, dans le livre d’or de mon exposition, j’ai pu lire que cela devait être du à une cicatrice douloureuse datant de l’enfance, un accident de la route peut-être ? … Qui m’aurait amenée à me consoler auprès des animaux ?…
En fait, non, je vais plutôt bien.
A 25 ans, qu’est-ce qu’on peut te souhaiter maintenant ?
Pour l’amour, a priori, c’est ok. J’aimerais bien éviter les tumeurs malignes, et poursuivre dans cette voie-là le plus longtemps possible.

Quels sont tes futurs projets ?
Achever cette bande dessinée à peu près brillamment donc, continuer à dessiner, à exposer et finalement conquérir le monde à dos de poney…
Vous pourrez également retrouver son travail prochainement à la galerie LJ Beaubourg et à la True Hate Gallery de la Rochelle. Lalubi vous tiendra au courant pour les dates…
Son top 5 en vrac :
Mentor artistique : Thomas Bernard, Philippe Katerine, Ludovic Debeurme
Boisson préférée : la bière, évidemment !
Restaurant préféré à Toulouse : chez moi, lorsque mon chéri me fait à manger
Bar préféré à Paris : tous les jardins publics sans exception
Musique préférée du moment : The Free Design, The French Cowboy, Lecube et MGMT comme tout le monde
Plus d’infos sur Amandine : http://amandineurruty.free.fr/
Exposition “L’école de Toulouse” avec également : Akiza, Aurore Uribelarréa, Besseron, Cailloux, Ciou, Delasoup, Didier Progéas, Dran, Estocafich, Fabesko, Flore, Greg Coston, Hélène Durand, Julie la grande, Kareene, Luluberlu, Mathieu Jiro, Maxime Touron, Na/da, Nicomix, Pipocolor, Prunelle, Seb de Groot, Seb le Putois, Walter Séné et Yann Taillefer
Quand : Du 1er avril au 5 mai 2008
Où : Galerie L’art de Rien
48, rue d’Orsel 75018 Paris
Ouvert du lundi au dimanche de 13h30 à 19h30 et le samedi de 11H30 à 19h30
Métro : Anvers/Abbesses